J'ai parfois l'impression que les véritables promesses ont tendance à m'échapper, à me filer entre les doigts comme l'eau dormante – s'en méfier ! Je ne garderai bientôt plus aucun souvenir de quand on parlait normalement, sans avoir peur, sans trembler, de quand on riait ensemble et qu'il y avait un ensemble, de quand on ne se cachait pas toutes sortes de choses pour se protéger. J'y croyais. J'étais naïve, crédule, imbécile et tout ce que vous voudrez, moi j'y croyais. Et c'est la trouille au ventre que je réponds à l'une, la trouille au ventre que je pense à l'autre. Deux promesses ne suffisent pas à un bonheur, mais ces petits restes moi je les bouffe jusqu'au dernier. J'essaie. Tout ce que j'écris n'a aucun sens à part peut-être pour moi, tout ce que j'écris est niais, tout ce que j'écris est vide. La substance, la plénitude, elle est ailleurs, et elle est disparue. Je n'ai pas envie de me plaindre. Je n'ai pas trouvé d'autre moyen de vous faire comprendre ce que je ressens en voyant de ces deux promesses les miettes que je tente en vain de laper au fond de la gamelle. Oh il y a un serment qui reste bien, un serment invincible ! Le joli serment de mai, qui prend parfois toute la place et qui fait le vide autour. Et l'autre, la promesse d'avril, la promesse de Toulouse, celle qui devrait rester et surpasser tout, elle s'écoule. Tic tac, ton temps est compté, chante-t-elle de sa ville rose. Toujours, jamais, on joue avec les mots, youpi tralala c'est moi et je t'attache à mon poignet d'un double nœud, vois-tu tu n'arriveras pas à défaire les liens. Non pas que j'essaye, comprends-moi bien. La clé tu l'as avalée, et maintenant tu joues un drôle de jeu, un double jeu, un trouble jeu. Tu dégages tes mains, tu dégages mes pensées, tu dégages tout court même. Je n'ai plus envie de te parler de moi, je n'ose rien te dire parce que je sais que tu as vécu pire. Je ne me sens plus le droit de parler de l'autre, là, le Contrat à Durée Indéterminée qui s'étire et se prolonge. Alors je me tais, tu te tais, têtues toutes les deux, on ne se raconte plus rien. On n'a plus rien à se dire à part qu'on s'aime, et que soi-disant ça te suffit. Tu ne me demandes pas de compte, moi ça doit bien me suffire, après tout je n'ai rien vécu de terrible ou de traumatisant. Alors je te dis que oui, parce que c'est la seule chose que je puisse encore faire, et je me déteste encore plus de ne pas être assez, de ne jamais être assez. Je te dis que tu me suffis, je n'ai pas tout à fait tort, mais pas tout à fait raison. Je te dis que tu me suffis, et ça ne te suffit pas. Alors j'écris des textes. Je tente de donner plus, tu ne veux rien recevoir, ou alors c'est que je n'ai rien à donner depuis qu'il a tout pris. Vois-tu je suis séchée. Si l'on me coupait les veines, on n'y trouverait rien.
Peut-être que je comble les vides par l'encre, que c'est une manière de remplir ma vie. À défaut de remplir la tienne.

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