vendredi 4 février 2011

Tout fout l'camp.

J'ai parfois l'impression que les véritables promesses ont tendance à m'échapper, à me filer entre les doigts comme l'eau dormante – s'en méfier ! Je ne garderai bientôt plus aucun souvenir de quand on parlait normalement, sans avoir peur, sans trembler, de quand on riait ensemble et qu'il y avait un ensemble, de quand on ne se cachait pas toutes sortes de choses pour se protéger. J'y croyais. J'étais naïve, crédule, imbécile et tout ce que vous voudrez, moi j'y croyais. Et c'est la trouille au ventre que je réponds à l'une, la trouille au ventre que je pense à l'autre. Deux promesses ne suffisent pas à un bonheur, mais ces petits restes moi je les bouffe jusqu'au dernier. J'essaie. Tout ce que j'écris n'a aucun sens à part peut-être pour moi, tout ce que j'écris est niais, tout ce que j'écris est vide. La substance, la plénitude, elle est ailleurs, et elle est disparue. Je n'ai pas envie de me plaindre. Je n'ai pas trouvé d'autre moyen de vous faire comprendre ce que je ressens en voyant de ces deux promesses les miettes que je tente en vain de laper au fond de la gamelle. Oh il y a un serment qui reste bien, un serment invincible ! Le joli serment de mai, qui prend parfois toute la place et qui fait le vide autour. Et l'autre, la promesse d'avril, la promesse de Toulouse, celle qui devrait rester et surpasser tout, elle s'écoule. Tic tac, ton temps est compté, chante-t-elle de sa ville rose. Toujours, jamais, on joue avec les mots, youpi tralala c'est moi et je t'attache à mon poignet d'un double nœud, vois-tu tu n'arriveras pas à défaire les liens. Non pas que j'essaye, comprends-moi bien. La clé tu l'as avalée, et maintenant tu joues un drôle de jeu, un double jeu, un trouble jeu. Tu dégages tes mains, tu dégages mes pensées, tu dégages tout court même. Je n'ai plus envie de te parler de moi, je n'ose rien te dire parce que je sais que tu as vécu pire. Je ne me sens plus le droit de parler de l'autre, là, le Contrat à Durée Indéterminée qui s'étire et se prolonge. Alors je me tais, tu te tais, têtues toutes les deux, on ne se raconte plus rien. On n'a plus rien à se dire à part qu'on s'aime, et que soi-disant ça te suffit. Tu ne me demandes pas de compte, moi ça doit bien me suffire, après tout je n'ai rien vécu de terrible ou de traumatisant. Alors je te dis que oui, parce que c'est la seule chose que je puisse encore faire, et je me déteste encore plus de ne pas être assez, de ne jamais être assez. Je te dis que tu me suffis, je n'ai pas tout à fait tort, mais pas tout à fait raison. Je te dis que tu me suffis, et ça ne te suffit pas. Alors j'écris des textes. Je tente de donner plus, tu ne veux rien recevoir, ou alors c'est que je n'ai rien à donner depuis qu'il a tout pris. Vois-tu je suis séchée. Si l'on me coupait les veines, on n'y trouverait rien.

Peut-être que je comble les vides par l'encre, que c'est une manière de remplir ma vie. À défaut de remplir la tienne.

dimanche 30 janvier 2011

To come.



  • Saturday, March 12th Arno + Imbert Imbert - Espace Julien, Marseille (13)
  • Saturday, March 19th - Usthiax + CharlElie - Espace Julien, Marseille (13)
  • Friday, March 25th - Yodelice - L'usine, Istres (13)
  • Saturday, April 2nd - Florent Marchet - L'usine, Istres (13)
  • Thursday, April 14th - Cocoon - Montfavet, Avignon (84)
  • Friday, May 6th Brigitte - MontfavetAvignon (84)
  • Friday, November 25th - Hubert-Félix Thiéfaine - Le Dôme, Marseille (13)



'~~~Kay, we'll see.~~~'

Des miettes.






Je tue l'ennui
Il a la peau dure, le salaud
Un fourbe un vrai un amour d'ennui
Se faire v i o l e n c e et puis
Ces vis qu'on sent les yeux fermés
De bout en bout
C'est par les trous qu'il faut rêver



samedi 29 janvier 2011

Le pari de Pascal.




 


Clair de femme(s).





Un jour, elle m'a dit : ‹‹ Jusque-là et pas plus loin. ›› Ce n'était pas seulement le refus de souffrir : c'était un goût de plénitude. Elle avait trop le goût de la plénitude pour accepter de lécher les restes dans l'assiette. J'avais répondu lâchement : ‹‹ Tous les deux, alors. ›› J'ai eu droit à une belle colère. ‹‹ Pas question. Tu parles comme si tu étais seul à aimer. S'il est une idée qui m'est insupportable, c'est de mourir en emportant avec moi ma raison de vivre. Je n'ai jamais bien su ce que cela signifie, une femme "très féminine", un homme "très viril", si ce n'est pas être d'abord celui ou celle qu'on aime. Alors, promets-moi. Promets-moi de ne pas faire de ton chagrin une facilité, une dérobade. Une demeure grise entourée de ronces et de ruines. Ah non ! Je ne veux pas que la mort gagne encore plus qu'elle n'emporte. Tu ne t'enfermeras pas à double tour derrière les murs du souvenir. Je ne veux pas devenir aide à la pierre. ››




‹‹ J'ai envie d'être heureuse pour mon propre compte. Je ne veux pas lutter pour le bonheur de l'espèce. Je ne sais même pas voler, figurez-vous. Je n'ai pas d'ailes. Je suis trop peu de chose et demande encore moins. Un peu de douceur, de tendresse, de gentillesse, et puis le vent l'emporte — et pourquoi pas, pourquoi le vent ne serait-il pas heureux, lui aussi ? ››





Les livres de Romain Gary me rappellent les films d'Éric Rohmer. Pourtant, à part le "R", il y a de peu de similarités entres les deux hommes... Ça vient de moi. La même sensation s'en dégage. Ça n'est pas de la mélancolie, ça n'est pas de la malice, ça n'est pas un parfum suranné. Je crois que c'est du plaisir. Ce sont des films et des livres dont je ne me lasse(rai) pas, qui se (re)découvrent perpétuellement, des œuvres sans fin, toujours agréables sans être faciles, qu'on avale facilement et qu'on digère lentement. Ce sentiment que je ne saurais décrire est un recommencement, un renoncement, un besoin et un manque. Romain Gary comme Éric Rohmer, j'ai constamment envie de relire ou revoir.

mercredi 26 janvier 2011

Tch tch come on.






In the morning I’ll go down the graveyard
To make sure you’re gone for good
To make sure you won’t hurt again
May you rest in peace
Pony ridin' sushi cookin'
May you be where you wanted
Oh we talked about it
After one or two beers
And the worst days that life brings
All the bad movies and all the earthquakes
All the worst days are just buried into the snow

Sereines sirènes


Sereines sirènes
(Mercredi 1 décembre 2010)

Si en valsant sur la colline
Tu croises d'une limousine
Ces filles-là aux corps d'usine
Et le khôl de leurs cils fusains
Ce sont leurs lèvres et leurs seins
Qui t'enivreront la poitrine

Si en jouant ton palpitant
Il pleut des rythmes discordants
Et que du talc exorbitant
Vienne poudrer leur chevelure
Ce sont leurs oiseaux de parure
Qui émietteront les gitans

Si en jalousant les guitares
Tu construis des châteaux Cathares
Elles boiront à ton nectar
Feront mine d'être mortelles
Ce sont leurs pensées de dentelle
Qui s'envoleront sans retard

Sonnent clochers piquent épines
À leurs doigts bagues bagatelles
Trésor de l'homme accidentel
Resteront les cœurs qui tapinent
Le temps tuera les hirondelles
Boira l'épice à la racine
Il brisera jusqu'aux échines
Mais ploiera sous l'œil sourd des belles